Ryu Shan aux Clepsydres de jade

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Type de monde : Sphérique rocheux
Taille : D (diamètre équatorial de 5 473km)
Echappée : 1 Tour
Rotation : 48 heures
Révolution : 960 jours
Lunes : Ryu Rimkkii
Population : 736 872 Shan’lao, 184 756 Lao
Trame magique : Resserrée, magie divine dominante

Monde extérieur du système de Dragon d’or, Ryu Shan fut de tout temps une halte pour les nombreux peuples qui transitèrent par cette Sphère de cristal pour faire du négoce. Planète de petite dimension, elle possède un climat tempéré et peu de phénomènes menaçants.
L’hémisphère septentrional est dominé par un grand continent montagneux, où une grande chaîne de lacs poissonneux offre un environnement idéal aux plus importantes communautés planétaires. La Mer équatoriale de Pynon Tuel recouvre le plus grand Donjon Ryukkii connu à ce jour au sein des Sphères Aventureuses, il est également le moins accessibles car ses entrées connues se trouvent dans des failles abyssales peuplées de monstres marins.
L’hémisphère austral rassemble de nombreux archipels, où la civilisation Shan’lao s’est développée rapidement, grâce à une abondance de ressources végétales et animales.

Ports d’accueil: Descendants des conquérants du Shou’sin Lao, les Shan’lao ont fondés de grandes métropoles insulaires, à partir desquelles leurs descendants repartirent vers les cieux, à bord de navires marchands. Nation du Vide depuis plusieurs siècles, le Shan’Ryutaan s’est fortifiée grâce à la Ligue, et malgré sa récente annexion par le Trône du Dragon, sa prospérité est assurée pour de nombreux siècles.
Les métropoles Shan’lao disposent d’enclaves portuaires pouvant accueillir une vingtaine de spelljammers. La réglementation locale est particulièrement stricte face aux navires en provenance d’outresphère, et les taxes portuaires dissuadent ceux qui ne viennent pas faire du négoce à grande échelle. Les ports du Shan’Ryutaan disposent cependant de toutes les facilités imaginables, et la récente présence Lao n’a fait qu’accroître les dimensions des zocalo.

Yun Itam est le parfait exemple du port d’accueil Shan’lao. Petite cité abritant une dizaine de milliers d’habitants, le Port des Trois orbes possède une flotte de pêche comptant parmi les plus prestigieuses, depuis que les grandes anguilles arc-en-ciel sont devenues une spécialité culinaire planétaire. L’Empereur-Dragon lui-même aurait exigé que le ragoût d’anguille Itami soit incorporé au traditionnel banquet Lao. La pêche de cette créature n’est pas sans danger, car outre sa taille dépassant les cinq mètres, elle peut également susciter de puissantes illusions capables d’égarer les marins les plus aguerris. Au fil du temps, les familles de pêcheurs Itami ont accumulées des richesses, et leurs navires se distinguent avec leurs voiles multicolores.
Pour les voyageurs d’outresphère, naviguer dans le port de Yun Itam reste une gageure, tant le nombre de pêcheurs d’anguille ne cesse de croître. Les autorités portuaires ont ainsi organisées un regroupement des visiteurs autour de trois hautes constructions reliées à la cité par des passerelles flottantes. Surmontés de grands dômes recouverts de mosaïques colorées, les édifices sont des zocalo où les nouveaux venus peuvent espérer faire des affaires avec les autochtones. Beaucoup cependant préfèrent s’aventurer dans la ville et faire des affaires loin de la présence des autorités.
Yun Itam est gouvernée par un Conseil des Dragons, des individus masqués dont nul ne connaît l’identité, régnant après avoir été choisis par leurs pairs. La cité est dirigée par trois Dragons, dont deux sont visiblement des Shugenja de Sheng Luan. Une garde forte de deux cent combattants assure la sécurité et se voit commandée par la Mâchoire des Dragons, un officier également masqué, maître d’arme et adepte profane. L’arrivée des Lao a déstabilisée les gouvernements locaux, qui doivent désormais rendre compte à un Yon’shu ayant le contrôle des ressources planétaires. Jusqu’alors, les Shan’lao comptaient parmi les plus réfractaires à l’influence de la Ligue sur leur monde, la nouvelle donne a finalement rapprochée les ennemis d’antan.

Ressources: Ryu Shan possède d’abondantes ressources agricoles, en mesure de subvenir aux besoins de tous. Cette profusion minérale, animale et végétale a limité l’expansion des nombreux royaumes anciens, et le glorieux territoire du Shan’Ryutaan occupe un espace étonnement limité. L’essentiel de la civilisation Shan’lao est concentrée dans les archipels austraux, tandis que le continent septentrional est laissé à l’état sauvage, avec seulement quelques comptoirs marchands.
Mais la planète est surtout connue pour ses nombreux Donjons Ryukkii, de profonds et vastes complexes souterrains, se ramifiant à travers les Plans Extérieurs. La plupart de ces donjons sont éparpillés sur le continent, mais les multitudes d’aventuriers avides de richesses débarquent généralement dans les ports du Sud, afin de s’équiper, puis naviguent en passant l’équateur, vers les falaises blanches du Nord.

Cultures: La civilisation Shan’lao est née de l’exode de plusieurs communautés Lao, fuyant les Sphères des Cinq Dragons et recherchant un nouveau territoire où se développer. Les colons furent nombreux à abandonner les mondes de leurs ancêtres, mais ils ne s’exilèrent pas dans la hâte, rassemblant ressources et navires durant plusieurs années.
Tournée vers le commerce, la culture Shan’lao a su se démarquer tout en conservant maintes traditions typiquement Lao. Les temples du Quinconce de jade sont moins fréquentés que leurs contreparties des Sphères de Shou’sin Lao, mais les divinités veillent malgré tout sur le peuple du Shan’Ryutaan. Bien entendu, les Shan’lao s’en remettent plus volontiers à la vigilante protection de Sheng Luan, qu’ils considèrent comme membre du Quinconce, malgré les réprimandes officielles des Prêtres Lao venant guider les âmes égarées de leurs lointains cousins et cousines.

Peu avant la conquête de Shu Lon, les Shan’Lao étaient de redoutables conquérants louant la voie guerrière de leurs glorieux ancêtres. Mais l’influence Yen’lua tempéra leurs ardeurs, et depuis plusieurs siècles désormais, les Shan’Lao favorisent la voie du négoce. Cette transformation de la société eu cependant un effet pervers, car les seigneurs Shan’Lao apprirent à intriguer afin de satisfaire leurs ambitions. Ils amenèrent le chaos au sein de la jungle équatoriale de Shu Lon, déclenchant de nombreux conflits parmi les communautés Yen’lua.
Sur Ryu Shan, l’ancienne caste des Bushi perdit rapidement son prestige, et fut remplacée par celle des Shugenja, individus marqués à la naissance par le Dragon d’or, et puisant en lui de prodigieux pouvoirs. Ce sont malgré tout les traditionnelles Maisons marchandes, ici désignées du nom de Guildes jadéennes, qui contrôlent l'essentiel du commerce et laissent peu de place aux indépendants. Les Bushi ont pratiquement tous migré vers le monde voisin de Shu Lon, où ils portent le titre de Nan Zuho, ou Seigneurs en exil. Les tensions restent vives entre négociants et guerriers, mais la diplomatie est un art dans lequel les Shan'Lao sont maîtres.
Weh Min Fa, le Yon'shu en charge des affaires impériales sur Ryu Shan surveille attentivement les intrigues des Guildes jadéennes, tout autant que l'évolution des courants religieux liés à Sheng Luan. Fin politicien, il a été placé là par l'Empereur-dragon en personne, et sait comment jouer des tensions qui l'entourent. Redoutable combattant, il serait également un sorcier de talent, bien que nul Shan'Lao ne l'ai jamais vu user de magie. Malgré sa position, Weh Min Fa préfère laisser une certaine marge de manœuvre à ses puissants vassaux, qui de leur côté préfèrent s'acquitter de lourdes taxes et ne pas avoir en retour d'ingérence trop flagrante de l'envahisseur.

La culture Shan'Lao est prospère, l'Empereur-dragon rêve de voir cette prospérité se mêler à son propre prestige, et rayonner sur tous les mondes de son vaste empire. En ce sens, les Shan'Lao sont souvent considérés comme un protectorat, bénéficiant de la protection militaire impériale, ainsi que d'un flux de plus en plus important de nouveaux produits. Beaucoup de conseillers autour du Trône-dragon estiment même que le monde de Ryu Shan bénéficie de trop nombreux prvilèges.

Sites notables: Les cultures anciennes qui se sont succédées dans les grandes étendues de Ruy Shan semblent n'intéresser personne, à l'exception des légendaires donjons Ryukkii. Pas moins de huit sont facilement accessibles depuis la surface, et les Guildes jadéennes furent trop heureuses de laisser le contrôle des airs et les coûteuses patrouilles terrestres à la responsabilité de leurs envahisseurs Lao. Ces derniers veillent donc à faire payer de lourdes taxes à quiconque maraude aux abords des complexes souterrains, mais d'année en année, les explorateurs sont toujours plus nombreux. Le Yon'Shu n'insiste pas réellement sur la sécurité autour des donjons Ryukkii, la grande majorité des aventuriers s'y engouffrant ne revenant jamais, et laissant derrière eux chevaux et nefs spatiomantiques.

Nok'woo'rool est sûrement le plus renommé des donjons planaires laissés par les mystérieux géants. Ses dix-sept niveaux sont contenus dans un simple piton rocheux, qu'un capitaine pirate rendu fou par du mauvais alcool de riz décapita avec son navire. Depuis lors, malgré le funeste destin du héros, l'accès à ce donjon reste le plus facile. Seules quelques salles ont ainsi été exposées à l'air libre, et toutes les propriétés magiques qui imprégnaient murs et colonnes ont disparues. Il faut désormais s'enfoncer dans les entrailles de Nok'woo'rool pour découvrir des salles n'ayant pas été pillées, et où existe une force inquiétante, capable d'envahir l'esprit le plus solide et le pousser à commettre des actes contre-nature. L'espace dimensionnel compris dans le Pic de Neh'yu Nihn es en réalité vaste comme une ville, et l'estimation la plus optimiste évalue au tiers de la totalité de la superficie.
Un groupe d'aventuriers de la Ligue patrouille régulièrement aux abords du donjon, cherchant à éloigner ceux qui semblent les moins bien formés à la survie dans l'environnement planaire. Menés par la magicienne Cassia Mantelnoir (Valorienne ♀/ Magicienne cristalline 12/ Ligue des aventuriers/ NB), les Serres du Destin opèrent avec l'aval du gouverneur planétaire, qui utilise également les services de la compagnie pour garder un œil sur les activités de la Ligue.

Au cœur des terres, à plusieurs jours de cheval des frontières intérieures du Shan’Ryutaan, se trouve la cité de Grand anneau, érigée sur les ruines d'un donjon Ryukkii éventré par une force inconnue – certains parlent d'un dragon de ténèbres qui vint menacer Sheng-Luan lui-même – et dont l'architecture combine avec plus ou moins de bonheur tous les styles connues à travers les Sphères aventureuses. C'est là le cœur politique de la Ligue des aventuriers, là où les plus vénérables Liguemestres se retrouvent pour jouer les médiateurs entre d'innombrables factions, royaumes et groupuscules. L'habituelle neutralité de la Ligue n'existe pas en ce lieu, où l'autorité de ses membres reste prépondérante sur toute autre. Formant une grande roue dont les rayons sont autant de quartiers fortifiés, Grand anneau est une ville où se règlent les litiges, où le commerce est réduit à son strict nécessaire, et où bien des traités de paix furent signés. De nombreux gardiens mystiques veillent à la sécurité de chaque visiteur, et pas moins de mille aventuriers parcourent les rues et les quartiers, en quête d'assassins et de menaces impalpables. Nul ne voit jamais plus d'un Liguemestre veillant sur la ville, et toujours en des lieux incongrus.
L'actuel Empereur-dragon, inquiet d'avoir un tel voisin sur un monde sous son autorité, envoya une grande armée menacer la Ligue, mais retrouva ses soldats errants dans la lande alentour, ses sorciers hagards, et ses bêtes magiques désemparées. Comprenant que la puissance de cet adversaire était des plus mystérieuses, il vint de lui-même régler le désaccord l'oposant à la Ligue.
Grand anneau est une cité pouvant abriter cinquante milliers d'individus, mais n'accueillant généralement que la moitié de ce nombre. Seules les nefs de la Ligue peuvent se poser sur la grande Esplanade des Héros, et de puissantes défenses altérant le climat se déclenchent face à n'importe quel envahisseur arrivant des cieux.

Ryu Rimkkii
La lune de Ryu Shan est un vaste donjon Ryukkii, dont les galeries percent l'astre de part en part. Il n'existe aucune atmosphère, pas même une once de gravité, et l'exploration de ce labyrinthe à l'échelle d'un monde n'est donc encore que très parcellaire. La surface est un chaos rocheux dans lequel aiment s'abriter les pirates maraudant autour de la planète.
Le donjon de Ryu Rimkkii est une énigme pour les sages ayant étudié l'histoire des géants planaires. Ces derniers avaient en effet besoin de respirer, ne serait-ce des vapeurs empoisonnées, et l'absence d'atmosphère interroge donc sur les moyens mis en œuvre pour excaver une lune entière. Ceux qui ont tenté une exploration en profondeur ont tout simplement disparu au détour d'un couloir. Les abords les plus accessibles sont pour leur part dénués de tout intérêt, mais encore une fois, certain pirates osent engager leurs vaisseaux et sillonner habilement dans le dédale extérieur, pour émerger ailleurs à la surface lunaire.

Shu Lon aux sources chaudes

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(Uuraam-Shulaan [Clydön])
Type de monde : Sphérique rocheux
Taille : D (diamètre équatorial de 2 344km)
Echappée : 2 tours
Rotation : 20 heures
Révolution : 257 jours
Lunes : Tòn Sihuà
Population : 458 239 Yen’lua, 205 783 Shan’Lao
Trame magique : Resserrée, magie divine dominante

Autre monde désertique du système du Dragon d’or, Shu Lon se différencie de Nihn Pao par sa bande équatoriale verdoyante, s’accrochant à une ancienne chaîne de montagnes d’où s’écoulent plusieurs rivières alimentant la jungle alentour.
Au-delà de cette région fertile, le désert reprend ses droits, et voit ses dunes régulièrement déformées par des vents puissants. Des zones rocailleuses recouvrent les pôles, avec de nombreux bassins étagés dans lesquels bouillonne la bile du dragon, un puissant acide, jadis employé pour des rituels mystiques.

Ports d’accueil : Pas moins de cinq grands royaumes Yen’lua ont compris depuis longtemps l’intérêt de maintenir un port spatial au sein de leur territoire. Avec plus ou moins de succès, ces havres ont prospérés de différentes manières. Dans le royaume de Gyen Lon, une théocratie éclairée gouvernée par les Shugenja de Sheng Luan, la grande métropole de Yolon est un port taillé dans la roche blanche du plateau d’altitude soutenant le territoire. La capitale du royaume dispose de cinq grandes plateformes entourées de hautes statues louant la faune légendaire de Shu Lon. Les Yen’lua disposent eux-mêmes d’une dizaine de petits spelljammers, formant essentiellement une garde d’honneur pour les invités de marque. Cette force spatiale représente également une suprématie dans le ciel de Shu Lon, et les équipages sont composés presque entièrement de Shugenja, en mesure de repousser les attaques les plus violentes.
Yolon ne possède qu’un petit zocalo, où seules des ressources locales sont proposées, le Roi Shu’Zin Fen favorise en effet l’accueil d’ambassades et de guildes étrangères, formant des alliances politiques indispensables à la survie de son domaine. Le Trône du Dragon possède ainsi une enclave au sein de Gyen Lon, mais le Sen’shu Hoji’kuen Lun, représentant impérial sur ce monde, mesure soigneusement chaque action afin de ne pas voir se former une alliance entre les royaumes de Shu Lon.

A l’opposé de Yolon se trouve le port marchand de Su’Zin, capitale du minuscule royaume de Su Yunnin. Les Shan’Lao ont pris le contrôle du commerce dans ce territoire, ou un roi fantoche Yen’lua assure une apparence de traditions ancestrales. Le port est ceint de murailles faites de madriers épais, dissimulant une ligne de canons Shan’Lao prêts à dispenser la mort aux alentours.
Les négociants de Ryu Shan viennent ici exploiter les anciennes mines Clydön ainsi que les essences rares de la jungle. Sous la férule des marchands et de leurs Bushi grassement payés, Su Yunnin et son port ont su prospérer depuis plusieurs décades, formant un îlot de stabilité au milieu du chaos politique Yen’lua.
Les voyageurs doivent se plier à la corruption importante régnant en ces lieux. Seuls ceux d’ascendance Lao ou Shan’Lao sont épargnés, les autres doivent s’acquitter de taxes jugées honteuses partout ailleurs. Le zocalo de Su’Zin est cependant conséquent, avec des étals supportant des marchandises clairement volées. Une vingtaine de spelljammers de moyens tonnages sont posés dans des berceaux fait de cordages et soutenus par des ballons les maintenant en l’air entre des arbres massifs, où sont disséminées plateformes et passerelles. Les différents quartiers portuaires sont ainsi disséminés verticalement, tandis que le reste de la cité s’étend au niveau du sol et à l’abri du rempart.

Ressources : Shu Lon concentre de nombreuses ressources végétales au sein de sa ceinture équatoriale. Bien que les sources soient peu nombreuses, une jungle luxuriante s’est depuis longtemps développée, et gagne du terrain sur le désert alentour. L’importante population limite cependant la prolifération et dans sa plus grande largeur, la bande équatoriale se maintient depuis des siècles à une soixantaine de lieues.
La faune de Shu Lon est particulièrement diversifiée, avec de grands prédateurs maraudant sur les versants des montagnes équatoriales. Les créatures Su sont anormalement nombreuses et contrôlent d’importants territoires, où seules des forces militaires conséquentes peuvent espérer survivre.

Cultures : La culture Yen’lua s’est développée pacifiquement aux abords de la jungle et à partir de communautés d’esclaves affranchis, peu après le Grand Soulèvement. Face aux conditions climatiques rigoureuses et aux monstres Su limitant déjà les incursions dans la jungle, une culture agraire se développe autour de l’économie d’eau. La notion de peuple apparaît avec l’émergence d’une caste cléricale vénérant un panthéon aux divinités proches de celles du Quinconce de Jade.
Les Yen’lua développent des villages et gagnent du terrain sur la jungle, ils perdent rapidement le souvenir de leurs anciens maîtres et les ruines des métropoles en altitude se nimbent de mystère. Un siècle après l’édification d’une première grande cité, Su’nang, des groupes d’explorateurs partent à la recherche de mines légendaires dans les montagnes. Ils ne sont que les premiers à vouloir réclamer les ressources de la jungle équatoriale, et en quelques décennies, comptoirs et avant-postes fleurissent là où émergeront plus tard les Royaumes du Yen’pao.

Contrairement à d’autres cultures expansionnistes, les Yen’lua favorisent la discussion et la réflexion. Les nouvelles terres défrichées sont partagées équitablement et les ressources rares sont réparties entre les différents ateliers en train de naître. Les prêtres tentent régulièrement de prendre le pouvoir mais échouent régulièrement, tandis que le culte de Sheng Luan se fortifie. Peu avant l’arrivée des nefs Shan’Lao, la caste cléricale est brutalement éliminée par des populations excédées.

Pour beaucoup de sages, le choc culturel résultant de la rencontre entre les Shan’Lao et les Yen’lua amena la fin de ce qui aurait pu être une civilisation brillante et porteuse de paix. Redoutables conquérants soutenus par des dieux puissants, les Shan’Lao n’ont aucun mal à établir leurs colonies sur Shu Lon. Des exemples sont faits, mais les Yen’lua favorisent la vie aux abords du désert, tandis que les envahisseurs s’implantent plus facilement dans les hauteurs, bâtissant des ports spatiaux qui deviennent les capitales de nombreuses petites enclaves.
C’est sans doute au contact des Yen’lua que la culture guerrière Shan’Lao se transforme, et se tourne vers le négoce. Bien qu’ils restent expansionnistes par nature, la diplomatie succède à la menace des armes, et une entente durable se développe entre les deux peuples.

Les Yen’lua forment des communautés de quelques centaines d’habitants, avec une structure familiale forte et patriarchique. Les Shugenja du Dragon d’or officient en tant que prêtres itinérants et accordent leur bénédiction à ceux qui souhaite s’unir sous les auspices de Sheng Luan. Un homme peut s’unir à plusieurs femmes, mais pas l’inverse, ce qui depuis peu provoque de vives protestations parmi une gente féminine apprenant à voyager, à faire du commerce ou partant à l’aventure.
Chaque communauté est dirigée par un conseil des anciens, qui choisit une personnalité adaptée durant les situations de crise. Les anciens de plusieurs communautés peuvent se réunir en cas de problème de grande ampleur, et les opposants à ce type de gouvernement restent rares. Les Shugenja sont les garants de l’ordre établi, ils voyagent d’une communauté à l’autre, faisant régner la justice du Dragon d’or et soutenant les anciens dans leurs décisions. Héros du peuple, ils sont la principale force militaire parmi les Royaumes du Yen’pao, de petites nations crées à partir d’anciennes alliances entre villages Yen’lua, afin de montrer leur force aux Shan’Lao. En réalité, le Yen’pao est une antique alliance économique entre les plus anciennes cités Yen’lua bordant le désert. Les richesses de ces domaines sont de grands troupeaux de chèvres, des silos à grains et depuis peu, un artisanat du métal entraînant une saine rivalité entre maîtres artisans.
Les Yen’lua connaissent le spelljamming mais ne voyagent guère au-delà du ciel. Quelques Shugenja de Sheng Luan s’aventurent ponctuellement dans le système du Dragon d’or, mais représentent des exceptions.
L’influence Shan’Lao a fait son œuvre, et les royaumes les plus prospères disposent de petites milices, encore peu redoutables, mais se formant aussi souvent que possible auprès d’aventuriers et de mercenaires. Les Yen’lua ont conscience de ne pouvoir maintenir le fragile équilibre de leur culture pacifique, et observent avec inquiétude la prospérité agressive de leurs voisins.

Les Shan’Lao de Shu Lon sont des colonisateurs ayant appris la patience. Face à leurs lointains cousins et cousines Yen’lua, ils savent que leur culture prédominera, et incitera ces derniers à s’intégrer au Shan’Ryutaan. Industrieux, les Shan’Lao exploitent les ressources de la jungle équatoriale et bâtissent des avant-postes pour leurs comptoirs marchands. Source de l’instabilité politique sur ce monde, les Shan’Lao intriguent et influences leurs voisins afin d’acquérir sans cesse de nouvelles ressources. Ils louent mercenaires et magie afin d’engendrer le chaos parmi les Royaumes du Yen’pao, et encouragent les plus ambitieux à fonder de nouveaux territoires.
Malgré tout, les Shan’Lao ont conscience du lien unissant leurs deux peuples, et protègent les Yen’lua de l’influence des conquérants Lao.
Les Shan’Lao sont divisés en communautés sous l’autorité des Guildes Jadéennes, principales forces commerciales sur Ryu Shan. La plupart des maisons marchandes ont fondées des domaines rassemblés sous le nom de Royaumes Jadéens, gouvernés par les Nan Zuho, ou Seigneurs-en-exil. Alors que leur influence se trouve limitée par les contraintes politiques sur Ryu Shan, les Guildes du Jade trouvent sur Shu Lon l’occasion de prospérer et de préparer un glorieux avenir. L’ingérence du Shou’sin Lao est extrêmement réduite, grâce à la corruption, mais les Shan’Lao savent devoir préparer une résistance armée.
Le cœur de cette culture Shan’Lao est incarnée par le Royaume de Shu Nyao, où se rassemblent les Bushi exilés du Shan’Ryutaan, sous l’autorité du Nan Zuho Lu Ken Shi (Shan’Lao ♂/ Bushi 14/ LN), un redoutable seigneur connaissant une prospérité apparemment sans limite, et jouant aussi bien de l’intrigue avec les Royaumes du Yen’pao que de la force face aux autres Seigneurs du Jade. Ambitieux fils aîné de la Maison Shi, il compte sur son sang pour accroître l’étendue de son domaine, ses vingt-trois filles lui assurant de nombreux mariages d’intérêts.

Les Shugenja sont peu nombreux au sein des Royaumes du Jade, préférant se rassembler au plus près du pouvoir sur le monde voisin. Les Guildes Jadéennes emploient plus fréquemment des sorciers, d’ordinaire méprisés sur Ryu Shan, mais grassement payés afin d’officier au sein des cités Shan’Lao de Shu Lon.

Sites notables
: La planète est un vaste désert abandonné à de dangereux prédateurs géants, tandis que des communautés se rassemblent au cœur de la jungle équatoriale, depuis le début de l’Âge des Conquérants. Les Sorciers laissèrent nombre de leurs sanctuaires en bon état, avant de fuir vers des mondes mieux protégés. Ce sont leurs ruines que les explorateurs viennent chercher dans les contreforts de Sheng’na Pao, l’Epine dorsale du Dragon.

Shu Lon tire son surnom de puits de mines inondés depuis des siècles, et desquels s’échappent des vapeurs provoquant visions et hallucinations. Les Sources chaudes sont des lieux difficiles d’accès, situés dans des contreforts recouverts par la jungle, et où même les Shan’Lao ne se risquent pas. Pour la majorité des individus parvenant sur le site, s’immerger dans ces sources sans fonds entraîne de violentes convulsions et une mort souvent douloureuse. Mais certains survivent, développant par la suite d’étranges pouvoirs qu’ils canalisent à travers les métaux anciens, toujours exploités dans les mines Shan’Lao.

La grande métropole Clydön de Seredeel-Pahnuurt est un ensemble de ruines se dressant encore sur un haut plateau exempt de végétation. Les vestiges de six berceaux géants de pierre indiquent autant de mouillages pour des vaisseaux de guerre dépassant les cent tonnes. La cité était un port spatial renommé, mais qui fut la cible de nombreuses expéditions Shan’Lao, qui pillèrent tous les dépôts et salles secrètes des lieux.
Des rumeurs veulent cependant qu’il existe un sanctuaire profondément enfoui sous la cité, et où furent laissés des plans concernant la conception de nefs d’un modèle alors inédit. Des maquettes de filaments métalliques entrelacés ont bien été découvertes au fil des ans, à travers les ruines de surface, et quelques salles semblent avoir abritées le quartier général d’un Ohnraad, pour le moins. 
 
Tòn Sihuà
La petite lune de Shu Lon est recouverte par une jungle aux feuillages dorés, au sein de laquelle prolifèrent les Sheng’si, de petits dragons sans ailes et aux écailles orangées, qui aiment se lier aux membres des autres peuples. La majorité des Shugenja de la Sphère du Dragon d’or viennent en pèlerinage afin de se lier avec ceux qu’ils considèrent comme les enfants de Sheng Luan. D’autres font le voyage mais repartent souvent sans compagnon draconique, ces derniers semblant posséder des critères de sélection nombreux et mystérieux.
La jungle de Tòn Sihuà n’est pas sans dangers, sa canopée est en effet composée de feuillages tranchants comme des lames, et pouvant déchiqueter la chair comme des armures légères. Pire encore, des vents puissants peuvent soulever des amas de ces feuilles dorées, qui deviennent alors des nasses mortelles et particulièrement mobiles, frappant les navires en approche.


Nihn Pao, le Cœur de Shang Nihuà

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(Uuraam-Nihuaan [Clydön])
Type de monde : Sphérique rocheux
Taille : D (diamètre équatorial de 5842km)
Echappée : 5 Tours
Rotation : 19 heures
Révolution : 380 jours
Lunes : Tòn Nihuà
Population : 78 532 Yonesh, 12 058 Yen’lua, 257 Lao
Trame magique : Diffuse, magie profane dominante

Au plus près du soleil d’or se trouve Nihn Pao, un monde désertique régulièrement englouti par de violentes tempêtes brûlantes. Les étendues de dunes semblent se prolonger à l’infini, et les sources d’eau sont rares et fréquemment ensablées. Quelques oasis s’accrochent à des socles rocheux proches des pôles, où une faune de redoutables prédateurs se bat pour la survie.
Une mer cernée de basses collines offre un havre pour les quelques communautés qui subsistent encore sur ce monde. Les ressources de ce milieu vont en s’épuisant, malgré un strict contrôle durant les campagnes de pêche, mais permettent malgré tout de subvenir aux besoins des populations locales.

Ports d’accueil : Les trois dernières cités encore peuplées de Nihn Pao bordent le miroir d'argent de Shang Nihuà, la majorité de leurs quartiers sont désertés, et seuls quelques demeures indiquent que des communautés vivent là. Cités portuaires vivant de la pêche, elles abritent d’anciens aventuriers et des autochtones sédentaires vieillissant. Tous connaissent bien le spelljamming et nombreux sont ceux pouvant identifier d’anciens navires descendant du ciel. Au vu du nombre de spelljammers atteignant Nihn Pao, plus aucune taxe portuaire n’est prélevée depuis longtemps, et il est même rare que des comités d’accueil soient organisés.
Seul le port de Hon-Lat abrite encore un chantier naval, aux dimensions modestes, mais permettant aux rares voyageurs d’effectuer des réparations sur la plage de sable blanc. A son apogée, cinq siècles plus tôt, la communauté abritait un millier d’habitants, et trois fois plus de marchands itinérants, qui venaient troquer des écailles de vers géants, alors nombreux au sein du désert, contre des pierres précieuses, qui firent la fortune de nombreux individus dans Hon-Lat.
Les Lao sont les derniers colonisateurs à avoir annexé les trois cités maritimes, sans même laisser une garnison afin d’en assurer la défense. Le Yon’shu régnant sur le monde est membre d’un clan mineur, sans aucune influence, et résident dans un ancien palais aménagé aux goûts de son peuple. Entouré d’une trentaine de vieux et loyaux serviteurs, le Yon’shu Hu’Leng Tziao (Lao ♂/ Voix du Dragon 10/ LN) a fait le choix de s’intégrer à la population locale plutôt que d’imposer les lois du Dragon. Particulièrement apprécié pour ses largesses et les réceptions qu’il organise, il est également grand amateur de spelljammers et joue parfois le mécène afin d’aider les aventuriers désireux de s’élancer vers les étoiles.
Hon-Lat ressemble cependant à une ville abandonnée, sa population n’excédant pas les trois cent individus. Des tribus nomades viennent encore faire un peu de négoce, et la flotte de pêche, une dizaine de grandes barques, permettent de subvenir à tous les besoins. Un ancien temple du Dragon d’or se dresse au centre de la ville, il est encore un lieu de pèlerinage pour de nombreux Shugenja venant des mondes proches du système, et une petite congrégation de moines entretien les lieux et vit du commerce d’onguents et de décoctions.

L’autorité impériale se résume ici à deux Dragons amarrés dans le port et servant essentiellement à patrouiller en orbite, au cas où des pillards utiliseraient
Nihn Pao comme avant-poste pour des raids sur des mondes plus importants. Hon-Lat est cependant connu pour son petit cimetière d’épaves, que des aventuriers viennent explorer afin de pouvoir restaurer une coque pouvant accomplir quelques voyages au sein du Vide.

Ressources : A l’exception de la petite mer peu profonde de Yu Me Shang Nihuà, la planète n’offre guère de ressources, et la vie dans le désert reste particulièrement rude. Les oasis polaires servent simplement d’étapes pour les tribus nomades, qui doivent les partager avec une faune agressive, soutenue par les membres du mystérieux Cercle d’émeraude Yo’Huen.

Cultures : Selon toute vraisemblance, les esclaves affranchis qui participèrent au Grand Soulèvement étaient d’origine Lao. Leur culture se développa à l’écart de celle des Sphères des Dragons, mais de nombreuses similitudes existent, et les Empereurs-Dragons qui vinrent réclamer les mondes de Sheng Luan trouvèrent un écho favorable.
Mais au-delà de quelques traits communs et des traditions désormais liées, les Yen’lua ne sont pas des Lao. Ayant peu d’attrait pour la conquête, ils sont des pêcheurs ou des cultivateurs, fondant de petites cités aux murs d’argile, plutôt que de vastes métropoles en pierre. Les conflits armés sur les mondes du Dragon d’or se résument à quelques escarmouches entre petits groupes armés d’outils agricoles.

Sur Nihn Pao, la culture Yen’lua se développe autour de la mer de Yu Me Shang Nihuà et parvient à prospérer autour de quelques familles se spécialisant dans la pêche des variétés endémiques à ce monde. Peu de Shugenja naissent dans les jeunes cités maritimes, malgré la proximité du soleil, et la religion ne tient jamais un rôle aussi important que sur les mondes voisins. Le Dragon d’or est cependant vénéré, et tous les enfants Yen’lua naissent sous sa bénédiction, durant de grandes célébrations.
L’arrivée des Yonesh est le seul évènement marquant sur Nihn Pao au cours du dernier millénaire. Maraudeurs sanguinaires des Confins de Shang-Luan, ils semblent avoir affronté un adversaire trop puissant pour leur flotte de vaisseaux délabrés. Les rescapés viennent trouver refuge sur ce monde qu’ils tentent de s’accaparer. Une alliance de plusieurs héros suffit à tempérer leurs ardeurs. Les survivants se réfugient dans le désert et adoptent des coutumes nomades. Ils parviennent à prospérer en restant de redoutables guerriers, mais en apprenant à faire du négoce avec les cités Yen’lua.
Organisés en petites tribus d’une centaine d’individus, les Yonesh sont guidés par le plus puissant guerrier, qui s’entoure de plusieurs femmes à forte personnalité. Le Yorok règne sans partage le temps des déplacements de la tribu, mais il concède ensuite une part de son autorité à ses femmes, qui règnent ainsi sur le campement. Ce sont les enfants qui ont en charge la santé des bêtes de trait, le plus souvent d’énormes reptiles adaptés à la chaleur de Nihn Pao, les plus anciens exécutent toutes les réparations et entretiennent l’artisanat tribal, source majeur de profit.
Les Yonesh ont depuis longtemps renoncés à quitter ce monde, qu’ils considèrent comme leur foyer. De très anciennes gravures dépeignent les navires volants de leurs ancêtres, et stimulent de rares aventuriers qui partent alors rejoindre les cités portuaires des Yen’lua, où ils embarquent pour les étoiles.
Actuellement, l’Empire des Cinq Dragons règnent en nom sur l’ensemble du système de Sheng Luan, mais son autorité sur Nihn Pao se limite aux murs des trois cités Yen’lua. Les tensions avec les tribus nomades se sont apaisées, et le déclin du commerce a fait de la planète un lieu abandonné, apprécié par les vieux explorateurs désireux de se retirer après une vie de tumulte.

Sites notables : Nihn Pao n’est pas une planète de mystères ou possédant des sites singuliers et exotiques. Le vaste désert de sable doré est un environnement n’abritant aucun océan ancien ou métropoles ensevelies.
Quelques explorateurs viennent cependant risquer leur peau dans les dunes, à la recherche de sanctuaires Clydön, qui auraient jadis existé. Des références sont également faites concernant un donjon Ryukki, oublié de tous mais dissimulant en son sein un passage vers une dimension crée par des mages.
Ces lieux légendaires ne sont que des rumeurs, mais régulièrement, des individus sans foi ni loi parviennent à inciter des aventuriers crédules à se lancer à leur poursuite, risquant leur vie dans le désert doré.

Tòn Nihuà
La petite lune désertique est également nommée Tuan’sheng Luan, le petit œil du dragon d’or. Dotée d’une atmosphère respirable et d’une forêt polaire, la lune est une halte pratique pour les Capitaines naviguant aux abords du soleil. Aucune communauté ne s’est pourtant établie durablement sur Tòn Nihuà, sur laquelle souffle de puissantes tempêtes.
Le Yon’shu Hu’Leng Tziao y a cependant fait construire un grand dépôt de bois sec, dans lequel les navires Lao peuvent puiser pour des réparations au milieu d’un lac. Plusieurs baraques ont résistées aux intempéries et offrent un large stock de matériel et d’outils pour réarmer promptement un navire.

La Sphère de Dragon d'or



La Sphère grisâtre de Sheng Luan est un orbe dont les dimensions sont moindres que la majorité des autres Sphères Connues, d'étranges volutes dorées et orange évoluent sous la surface extérieure, formant parfois de magnifiques motifs. Les abords de la Sphères sont occupés par plusieurs cimetières d'épaves, résultats de guerres Guildiennes anciennes. Ces lieux sont désormais des zocalo flottant au sein du Phlogiston, tenus par d'anciennes familles Lao dont la renommée éclipse souvent celle des grandes maisons du système de Dragon d'or.

Un unique passage permanent existe entre les volutes élémentaires du Phlogiston et l'espace de Sheng Luan, il est le fruit du passage du légendaire Spelljammer; il y a plusieurs millénaires. Le passage est nommé Kun'Lao, il est occupé lui aussi par un cimetière d'épaves, devenu le Marché de Kun'Lao. La famille Yu-wen Shimao règne depuis trois siècles sur ce lieu prospère, à travers lequel tous les voyageurs se doivent de passer afin de pénétrer dans l'espace du Dragon d'or. Les Shimao comptent plusieurs centaines de membres qui contrôlent une flotte de guerre redoutable, et disposent de plusieurs très gros navires marchands, pouvant devenir de terribles vaisseaux de combat. Mais les grandes périodes de troubles sont désormais loin derrière la bonne fortune des Yu-wen Shimao, qui assurent simplement une vigilante attention aux différents quartiers flottants de leur communauté. Le Marché de Kun-Lao abrite en permanence une dizaine de milliers d'individus, avec deux fois ce nombre de voyageurs et de négociants de toutes les Sphères Connues. Pratiquement toutes les religions ont ici un autel, et les divinités du Quinconce de Jade restent les plus populaires, leurs prêtres disposant de grandes barges ancrées depuis des décennies et fournissant l'Air à l'ensemble de la communauté, grâce au miracle permanent du Souffle doré. Pour les voyageurs de passage, les lieux peuvent se révéler particulièrement dépaysant, et l'immersion au sein d'une bonne centaine de dialectes Lao offre l'opportunité de s'intégrer rapidement aux nombreuses cultures de Sheng Luan. Bon nombre de Shugenja ont élu domicile au sein du Marché, arrimant leur navire personnel dans un quartier leur étant réservé, et où le curieux pourra trouver les plus incroyables objets magiques produits dans les Sphères des Cinq dragons. Les sorciers et mages des autres cultures sont également acceptés, mais les traditions Lao prédominent, et exclues ceux qui ne peuvent se conformer aux complexes et inombrables coutumes locales.
Le zocalo en lui-même est divisé en quartiers, où sont rassemblés des produits en provenance des mondes de Sheng Luan. Mais le Marché est surtout une croisée pour les négociants d'outresphère, et de nombreuses guildes se sont spécialisées dans les denrées les plus exotiques, du point de vue Lao.

L'autre marché errant au sein du Phlogiston, dans les abords immédiats de la Sphère du Dragon d'or, est également un ancien cimetière d'épaves. Mais là où le marché de la Porte de Kun'Lao est un déluge de couleurs et d'odeurs plaisantes, le Mouillage du Jiong-Li Wuhan est un lieu sombre et silencieux, où seuls les êtres favorisant le secret et la discrétion se rendent. Le Jiong-Li Wuhan fut, selon la légende, le plus grand vaisseau de guerre de l'Empire Nuha-Maho. Construit à partir des ossements et des tendons de créatures géantes du Vide, le fleuron de la flotte était voué à conquérir les mondes de Sheng Luan. Mais le sinistre projet ne vit jamais le jour, de vaillants aventuriers parvinrent à déjouer les plans de l'Empereur Fu Sin Tcho et le Jiong-Li Wuhan fut perdu. Deux siècles plus tard, des pilleurs d'épaves du Clan des Larmes retrouvèrent l'épave au sein du Phlogiston, à la dérive au beau milieu d'un champ de débris.
Plutôt que de piller les lieux, le Mokuton Yen Hue décida de faire du terrible vaisseau son quartier général. Il rompit avec le reste du Clan des Larmes et fonda le Mouillage du Jiong-Li Wuhan, un marché voué au négoce des poisons, des armes maudites et des plus sombres secrets.
Le Mouillage abrite une centaine de marchands permanents, beaucoup sont des natifs des mondes de la Ligue d'Ammlyn, mais certains viennent de Sphères plus éloignées, voir d'autres plans d'existence.Tous sont en tout cas liés à des groupes et des organisations complotant pour obtenir le pouvoir suprême. De fragiles alliances peuvent se conclure, amenant le malheur sur des régions entières, mais le Mouillage du Jiong-Li Wuhan est surtout connu pour son marché aux armes. Le Clan du Bois Noir, formé par le Mokuton Yen Hue, rassemble en effet une douzaine d'excellents forgerons, habitués à manipuler la forge froide au sein du Phlogiston, et usant de leur talent afin de créer des armes imprégnées des plus noires énergies. Une centaine de kobun assurent la sécurité des lieux, tandis que des Maho tsukai reçoivent l'autorisation de séjourner au Mouillage, en échange de leurs services au Clan.

Le système de Dragon d'or est formé par un énorme soleil doré illuminant trois mondes intérieurs rocheux, et cinq géantes gazeuses totalement inhospitalières, sources de sinistres légendes mentionnant des entités malveillantes cherchant à échapper aux forces gravitationnelles afin d'évoluer de nouveau au sein du Vide. Le soleil est également nommé Sheng Luan, il est le Trône du Dragon d'or, la divinité protectrice de cette Sphère, parfois membre du Quinconce de Jade de la culture Lao, mais plus fréquemment une Puissance indépendante et sauvage, veillant à ce que nulle divinité étrangères ne prenne pied sur les mondes sous son influence. Sheng Luan, le Dragon d'or, est vénéré par toutes les peuplades des trois mondes proches et se manifeste principalement en apposant sa marque sur certains mortels à leur naissance. Ses Shugenja sont ainsi les seuls de leur caste à recevoir respect et obéissance, cela à travers les territoires des différentes sociétés établies.
Une ceinture d'astéroïdes enserre le soleil, elle est le résultat d'une catastrophe durant l'ère des Soixante Sphères, qui vit la destruction de la lune errante, soeur de Sheng Luan dans la légende, par les expérimentations hasardeuses des membres de la Cabale des Masques d'or. Des aventuriers se rendent encore sur les débris de cet astre, car ils abritent les ruines de ce qui fut un vaste sanctuaire, partiellement aménagé par les Clydön, au vue de l'architecture à base de marbre jaune, mais également par un autre peuple, visiblement plus ancien mais tout autant doué dans la conception d'ouvrages complexes. Ces ruines abritent encore des salles emplies de trésors antiques mais également de redoutables prédateurs du Vide. Qui plus est, la proximité avec le Trône du Dragon d'or provoque régulièrement des hausses extrêmes de températures, mortelles pour les imprudents.

Nihn Pao est le monde le plus proche du soleil, c'est un désert de sable doré, où les seuls reliefs sont de hautes dunes façonnées par un vent brûlant, source de tempêtes planétaires périodiques. Des communautés nomades sillonnent ce désert, mais les trois seules cités de ce monde sont rassemblées sur les berges de l'unique mer de Nihn Pao, le miroir d'argent de Shang Nihuà, ou pour les autochtones; Yu Me Shang Nihuà. Peu profonde mais possédant une faune marine très riche, la mer est l'unique source d'approvisionnement conséquente pour les trois cités indépendantes et dont la prospérité est depuis longtemps passée. Bon nombre de quartiers sont en ruines, délaissés par leurs habitants qui ont rejoint les autres mondes plus vibrant de Sheng Luan. Seuls restent les plus vieux et quelques aventuriers désireux de vivre à l'écart du reste des Sphères Connues. Les pillards du désert et les rares monstres en maraude ne représentent plus guère de menaces pour les habitants de ces trois cités mourantes, qui conservent cependant d'intéressantes légendes sur la venue de Shang Nihuà, le nom mythique de la soeur du Dragon d'or. En effet, les quelques planétologistes qui vinrent s'intéresser à ce monde découvrirent que la mer de Yu Me était en réalité un ancien cratère d'impact remontant à l'ère des Clydön. La légende locale voudrait que ce soit le cœur de Shang Nihuà qui tomba du ciel orangé, et qui engendra la vie sur Nihn Pao. Nul n'a encore plongé au fond de cette mer pour y chercher des réponses.
Shu Lon, seconde planète du système de Dragon d'or, en est également la capitale selon les normes bureaucratiques Lao. Egalement désertique et balayée par des vents chauds, elle offre cependant une large bande équatoriale recouverte par une jungle épaisse, peuplée d'innombrables monstres Su, et au sein de laquelle plusieurs petits royaumes se livrent une guerre sans fin pour le contrôle des sources d'eau potable, rares sur ce monde. Une trentaine de royaumes existent en même temps sur Shu Lon, mais leurs noms peuvent changer d'une saison des vents à celle des tempêtes qui lui succède. Les frontières évoluent à un rythme encore plus rapide, sans mentionner les changements de dynasties que les Historiens ont renoncés à suivre. Malgré tout, deux grands royaumes ont su préserver leur équilibre depuis plus d'un siècle, et s'ils parviennent à unir leurs efforts, ils pourront représenter le premier pas vers une ère de prospérité à l'échelle planétaire. Le Royaume de Gyen Lon est une petite enclave mystique où se sont rassemblés la majorité des Shugenja de Shu Lon. Au fil du temps, la ferveur en Sheng Luan à fait du royaume une théocratie éclairée, où nombre de gens du communs, martyrisés par les seigneurs guerriers des domaines proches sont venu trouver une nouvelle existence plus sereine. Gyen Lon est prospère, et sert de principal interlocuteur avec les émissaires des grandes nations de la Sphère de cristal et d'ailleurs. Mais sa situation, sur un plateau rocailleux balayé par les vents du désert environnant, limite grandement ses ressources et contraint les Shugenja à concentrer leurs efforts sur le bien-être de leurs gens. A tout moment, le fragile équilibre au sein du royaume peut donc se rompre, en particulier à cause de la pression exercée par l'autre nation majeure de la ceinture équatoriale, Shu Nyao, qui rassemble les plus grands guerriers de la planète, sous l'autorité du Nan Zuho Lu Ken Shi. Shu Nyao est un royaume fertile, encadré par deux profondes rivières, au coeur même de la ceinture verdoyante. La grande métropole portant le même nom est sûrement la plus ancienne cité de ce monde, avec des parties de ses fondations taillées dans le marbre jaune caractéristique de l'architecture Clydön. Mais si Lu Ken Shi peut être considéré comme un tyran impitoyable, doublé d'un Bushi talentueux, son autorité actuelle a surtout été gagnée grâce à son esprit retors et calculateur. Bon nombre de plus petits domaines ont en effet été absorbés par Shu Nyao grâce à de complexes intrigues, quelques assassinats et par le mariage des nombreuses filles du puissant seigneur. Car la Maison Shi compte en effet vingt-trois filles, aucun héritier mâle, et vingt-sept concubines. Seize des héritières ont permis d'apporter de nouvelles terres à leur père, et cinq sont déjà promises à de jeunes seigneurs sur le point de se tailler des royaumes dans la jungle.
Ryu Shan est la troisième et dernière planète habitable du système de Dragon d'or. Elle est considérée comme le cœur naissant d'une brillante civilisation inspirée de la culture Lao, au sein de laquelle se combinent harmonieusement des traditions Wyrméennes et Nehwonites. A terme, ce monde devrait donc être le creuset d'une société ayant assimilée toutes les traditions des Sphères Aventureuses.
La métropole de Grand Anneau est au cœur de toutes les intrigues impliquant des organisations ayant des intérêts au sein de la Ligue. Indépendante, autonome et gouvernée par les mystérieux Horlogers, la cité abrite en permanence cinquante mille habitants, pratiquement tous affiliés à une guilde marchande ou une compagnie d'aventuriers, mais il faut plus généralement compter le triple d'occupants, s'entassant dans des faubourgs devenant autant de marchés temporaires et de lieux de rassemblement pour les explorateurs en tout genre. Car Ryu Shan est un monde jonché de sanctuaires ruinés, de donjons oubliés et de sites magiques extraordinaires.
La planète est divisée en larges bandes alternant des régions rocailleuses et désertiques, avec des terres un peu plus fertiles, faites de collines et de plaines. Une large bande de mer équatoriale sépare deux masses continentales, tandis que les pôles sont des massifs montagneux criblés de carvernes menant au mystérieux monde du Dessous. Le climat est globalement tempéré, avec une saison de vents porteurs d'éclats de silices soufflant depuis le pôle septentrional et provoquant de terribles dommages dans les zones désertiques proches, une saison des pluies, qui permet de préserver les zones fertiles, et une saison d'accalmie, propice aux déplacements et aux échanges.
La grande majorité des ruines faisant la réputation de Ryu Shan proviennent pratiquement toutes d'une civilisation jadis vassale des Clydön, mais ayant clairement eue son heure de gloire bien avant d'être conquise. L'Histoire de ce peuple de géants, les Ryukkii, reste encore mal connue, mais il apparaît que leur lien avec les Plans Extérieurs leur permit très tôt de fonder un royaume à travers les dimensions. L'abondance de gardiens extraplanaires au sein de leurs sanctuaires oubliés renforce cette assertion.